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Infos Grande Distribution

Publié le 06/07/2026

Infos Grande Distribution

Camarades,

La grande distribution connait une accélération sans précédent de sa transformation. Depuis des années, la CGT dénonce les franchises, les locations gérances, les externalisations et la financiarisation du secteur. Les faits le confirment aujourd'hui, derrière des enseignes différentes, c'est une même stratégie patronale qui est à l'œuvre.

Carrefour, Auchan, Leclerc, Lidl, Aldi, Intermarché, Système U… tous poursuivent le même objectif d’accroitre la rentabilité du capital en transférant les risques sur les travailleurs ! Partout, les conséquences sont les mêmes : suppressions d'emplois, dégradation des conditions de travail, remise en cause des métiers et des qualifications, affaiblissement des droits collectifs et éclatement des entreprises.

Les groupes conservent les profits et le pouvoir de décision tout en se déchargeant de leurs responsabilités sociales.

Nous assistons à une véritable rupture historique. Après avoir restructuré les entreprises pendant des années, le patronat entreprend désormais transformer le modèle social de toute la grande distribution !

Le commerce intégré est progressivement remplacé par les franchises, les locations gérances, les sous-traitances et les concessions. Aujourd'hui un magasin, demain un rayon, après-demain un métier ! Puis, pourquoi pas, le travail à la tâche, l'ubérisation de nos métiers et la disparition progressive du salariat intégré !

Derrière des montages juridiques différents, c'est une même offensive du Capital contre le monde du travail. Face à cette stratégie, notre riposte doit être commune.

CARREFOUR

Lorsque Carrefour a engagé les passages en location gérance, la CGT a été la seule à alerter sur leurs véritables conséquences. Nous avons toujours affirmé qu'il ne s'agissait pas d'un simple changement de gestion, mais d'une stratégie visant à sortir progressivement les salariés du périmètre social du groupe, à affaiblir les collectifs de travail et à remettre en cause les droits collectifs.

Dans plusieurs magasins passés en LG, notamment à Moulins et Montluçon, les nouveaux employeurs dénoncent désormais les accords collectifs conclus lors des transferts. Ce qui était présenté comme une garantie sociale n'était en réalité qu'un sursis avant une nouvelle offensive ! Après les suppressions d'emplois, les sous-effectifs et la dégradation des conditions de travail, ce sont à nouveau les droits des travailleurs qui sont attaqués.

Ce mois de juin est révélateur : les accords de substitution commencent à tomber les uns après les autres. Ce que nous annoncions depuis des années devient aujourd'hui une réalité concrète pour les salariés.

CARREFOUR 2030

Le projet Carrefour 2030 confirme une nouvelle étape dans le démantèlement du commerce intégré. Après les locations gérances et les franchises, le groupe accélère désormais les concessions, notamment avec Blachère pour les fruits et légumes, avec un objectif annoncé d'environ 200 magasins. Ce n'est pas une simple évolution commerciale, c'est une nouvelle étape dans l'externalisation des activités et la fragmentation de l'entreprise.

Les expérimentations de Port de Bouc et du Merlan le démontrent déjà ; après avoir externalisé les magasins, Carrefour externalise désormais les rayons. Aujourd'hui les fruits et légumes… demain quels métiers ? La boulangerie ? La poissonnerie ? Les caisses ? Rien ne permet d'affirmer que cette logique s'arrêtera là !

À chaque étape, le même objectif de multiplier les employeurs, contourner les accords collectifs, diluer les responsabilités, mettre les salariés en concurrence et rendre toujours plus difficile l'organisation des travailleurs. Après avoir transformé les magasins en centres de profits autonomes, ils veulent désormais faire de chaque rayon un marché à part entière !

C'est la logique du découpage permanent de l'entreprise, de l'éclatement des collectifs de travail et de la disparition progressive du commerce intégré.

Ce projet dépasse largement Carrefour. Il constitue un véritable laboratoire de ce que le patronat entend généraliser à l'ensemble de la grande distribution. Si nous ne stoppons pas cette mécanique aujourd'hui, elle deviendra demain la norme dans toute la profession.

AUCHAN

Là encore, les directions parlent de partenariat, de réorganisation et d'adaptation au marché. En réalité, le montage juridique change, mais l'objectif reste identique : conserver la maitrise économique tout en se déchargeant progressivement des responsabilités sociales.

Le projet prévoit la réorganisation de 266 supermarchés, dont une partie serait cédée à des adhérents Intermarché et une autre transférée dans une nouvelle structure, A+ Super, tout en maintenant des liens économiques étroits entre Auchan et Intermarché. 17 magasins se retrouvent dans l’opacité la plus totale !

Demain, après quinze mois, les accords pourront être renégociés. Les droits conquis par des décennies de luttes pourront être remis en cause. C'est exactement la mécanique que nous avons combattue chez Carrefour, on change le montage juridique pour mieux organiser le recul social sans jamais assumer ses responsabilités ! Changer d'employeur, fragmenter les entreprises, remettre en cause les accords collectifs, restructurer les magasins, supprimer des emplois et isoler les salariés …. Voilà la réalité de cette stratégie.

Cette offensive frappe d'abord les territoires populaires et les bassins d'emploi déjà fragilisés. Lorsqu'un magasin ferme ou change de modèle, ce ne sont pas seulement des emplois qui disparaissent. C'est aussi un service de proximité, une activité économique locale et parfois l'équilibre même d'un territoire qui sont remis en cause.

La CGT refuse que les grands groupes utilisent les montages juridiques pour organiser leur irresponsabilité sociale. Changer le nom de l'employeur ne change rien à la réalité, ils continuent de décider, d'encaisser les profits et de dicter leur stratégie pendant que les salariés paient la facture et que les territoires sont mis en concurrence.

LECLERC, LIDL, ALDI, INTERMARCHÉ…

Les patrons rêvent tous du même modèle, moins de salariés, davantage de poly activité, des métiers déqualifiés, des salaires tirés vers le bas, des collectifs éclatés et des organisations syndicales les plus faibles possibles.

Chez Leclerc, les équipes CGT dénoncent des conditions de travail chaotiques, des salaires de misère, des atteintes aux droits syndicaux et un management qui privilégie la rentabilité au détriment de la santé et de la dignité des travailleurs.

Chez Lidl, les effectifs fondent comme neige au soleil, les cadences s'accélèrent et la polyactivité devient la norme et les salaires ne permettent même plus de vivre dignement ! Mais encore, les salariés doivent produire toujours plus avec toujours moins de moyens.

Chez Aldi, la logique est identique, les restructurations successives conduisent aux mêmes conséquences, suppressions d'emplois, intensification du travail, perte de sens des métiers et remise en cause des repères professionnels.

Chez Intermarché, les reprises de magasins, les restructurations et les changements d'enseigne s'accompagnent également d'une dégradation des conditions de travail et d'un affaiblissement des collectifs.

Derrière des enseignes différentes, c'est la même offensive du Capital de casser l'emploi, affaiblir les droits des salariés et démanteler le commerce intégré.

Face à cette stratégie, la CGT porte un autre projet alternatif, une grande distribution créatrice d'emplois, reconnaissant les métiers, garantissant les droits des salariés et répondant aux besoins de la population plutôt qu'aux exigences des marchés financiers !

Nous exigeons un moratoire sur toutes les formes de démantèlement du commerce intégré et le conditionnement des aides publiques au maintien de l'emploi, des droits sociaux et des activités sur les territoires !

De la fourche à la fourchette, la filière alimentaire doit être organisée au service de l'intérêt général, et non du Capital

Les plus grandes conquêtes sociales ont été gagnées par les luttes, la syndicalisation et le rapport de force.

ENSEMBLE, PAR LA LUTTE, IMPOSONS UNE AUTRE GRANDE DISTRIBUTION, AU SERVICE DU TRAVAIL… ET NON DU CAPITAL !

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